Le journal « Gardarem lo Larzac »
40 ans d’histoire et de militantisme
Article mis en ligne le 13 octobre 2015
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40 ans que ça dure. Tous les deux mois, les 1300 abonnés à travers le monde reçoivent leur exemplaire de « Gardarem lo Larzac », le journal militant des luttes écologistes et pacifistes sur le plateau du Larzac. Huit à douze pages pliées à la main.

40 ans réunis sur les étagères du local du journal, dans un maison du hameau de Montredon, aux confins de l’Aveyron et de l’Hérault : cela représente 324 numéros d’un journal né en 1975, quatre ans après que le ministre de la Défense Michel Debré ait annoncé, en octobre 1971, l’extension du camp militaire de La Cavalerie.

« Souvent, on était mécontent de ce que disait la grande presse du Larzac », se souvient Léon Maillé, militant historique, qui raconte avoir été nommé premier directeur du journal car son casier judiciaire était encore vierge. « Après, ça a changé », sourit-il. Le journal compte rapidement « 3-4.000 abonnés », notamment au sein des comités de soutien qui se créent alors à travers la France. « C’était un journal que l’on faisait après la traite et avant de rentrer les foins », résume M. Maillé. « Ça servait à populariser le Larzac. A l’époque, il n’y avait pas internet, pas de mails. »

Le journal connaît son heure de gloire à la fin des années 80 mais quand François Mitterand est élu à l’Elysée et annonce l’abandon du projet d’extension du camp, les abonnements diminuent et les responsables du journal, dans les années 90, se posent la question d’arrêter. Mensuel, le journal devient bimestriel en 1995.

Mais d’autres événements redonnent ensuite un souffle aux abonnements : l’affaire du MacDonald’s de Millau, la lutte contre les OGM et les gaz de schiste, mais aussi « leur » film « Tous au Larzac ». « Nous n’avons pas les problèmes d’un groupe de presse. Notre but n’est pas de faire de l’argent, mais d’arriver à l’équilibre financier », souligne Chantal Alvergnas, membre du secrétariat, qui précise que l’équipe est bénévole « hormis le maquettiste, l’imprimerie et les envois ».

Aujourd’hui, les 18 euros « et plus si affinités » de l’abonnement annuel sont payés par des lecteurs de l’Aveyron, de Paris ou de Lyon, mais aussi d’Argentine, du Canada, d’Allemagne, d’Espagne ou de Suisse.

En format tabloïd, avec une maquette simple, le journal traite de l’actualité locale du Larzac, mais aussi de « luttes » nationales et internationales, reflets de la culture militante qui s’est développée sur le causse. Au fil des décennies, les pages ont tour à tour évoqué le combat des Kanaks de Nouvelle-Calédonie, le projet d’enfouissement nucléaire de Bures, et les « Zad » de Sivens et de Notre-Dame-des-Landes.

En janvier, la rédaction a consacré un numéro spécial aux dessinateurs de Charlie Hebdo, notamment pour rendre hommage à Cabu et Wolinski qui avaient signé des dessins dans ses pages. L’arrivée des légionnaires sur le plateau, qui divise les habitants du Larzac, ne manque pas non plus d’occuper les colonnes. Mais quoique nombreuses sur le plateau, les nouvelles générations lui préfèrent souvent « internet, les réseaux sociaux », souligne Christiane Burguière, au journal depuis 1978.

La diffusion du journal reste aujourd’hui confidentielle, et l’équipe est vieillissante. « C’est un peu le journal des anciens combattants », sourit M. Maillé, le journal « du Larzac canal historique.“

12 oct © Rémy Gabalda / AFP

www.larzac.org

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